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Livre: L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Le travail monté

Une bonne impulsion aide votre cheval à porter du poids sur l’épaule extérieure
Marche + pli

D’une manière générale, je vous recommande de commencer tout travail en selle par un travail à pied en liberté (en longe ou en main si l’on n'a pas de rond de dressage) puis monté sans rênes.

Premier temps : immobilité au montoir

Vous montez sur votre cheval sans qu’il bouge. S’il bouge (c’est une fuite), ne montez pas mais exercez votre dominance : reprenez calmement la rêne de votre côté et demandez-lui de bouger les hanches (exercice N° 2 du travail à une rêne) sans vous fâcher. Faites-lui faire un demi-tour autour de ses épaules puis revenez à l’immobilité et caressez. Recommencez jusqu’à ce qu’il reste calme. Une fois sur son dos, vous ne faites rien. Vous n’intervenez que lorsque le cheval est parfaitement détendu.

Deuxième temps : Flexions latérales à une rêne

À une rêne, le cheval ne peut plus s’appuyer, cela casse ses tentatives d’opposition et dissous ses résistancesRappel Main sans jambes, jambes sans mains. On évite ainsi les actions antagonistes qui enferment le cheval et déclenchent les résistances. L’impulsion est maintenue avec des claquements de langues ou des touches légères de la cravache.

Nous allons répéter les exercices similaires que nous avons déjà faits au sol, toujours dans le but de contrôler la tête, les hanches et les épaules de notre cheval. Là encore, je vous renvoie à Elisabeth de Corbigny et au pompage de la rêne. Je vous propose de travailler les 8 exercices de ce qu’elle appelle le tronc commun :

  1. La flexion latérale d’encolure.
  2. Le déplacement latéral des hanches (rêne directe d’opposition).
  3. Bout du nez à droite et à gauche sur une trajectoire rectiligne (prépare le travail marche + pli).
  4. Petit train : bout du nez à droite et à gauche mais sur des courbes.
  5. Changement de direction avec les hanches (prépare l’arrêt d’urgence).
  6. Marche + pli + moteur (demande calme et impulsion).
  7. Déplacement latéral des épaules dans la direction du pli.
  8. Idem dans la direction opposée au pli.

Une fois ce traitement de base bien assimilé, tentez la conduite à une rêne sur un parcours.

Nota : Avec un cheval difficile, je vous propose de réaliser l’exercice 1 selon la méthode de la barrière de main (exposée au début de ces travaux pratiques). Cette méthode réunit à la fois la douceur de l’approche-retrait et la fermeté du cadre. En cas de rébellion caractérisée, ce mouvement pourra vous être utile car il est un moyen de désamorcer une opposition et d’imposer l’immobilité, à condition que votre cheval ait reçu l’éducation nécessaire au préalable. Sinon, vous faites pire que mieux et renforcez ses résistances.

Les exercices 2 et 5 sont importants également car ils préparent à l’arrêt d’urgence qu’il vous faudra probablement utiliser de temps à autre pour un rappel à l’ordre. Dans ce cas, la rêne directe d’opposition doit avoir une action franche et sans ambiguïté. Venez placer la main qui l’emploie carrément contre votre cuisse, vous jumellerez ainsi avec beaucoup d’efficacité flexion d’encolure et déplacement des postérieurs.

L’exercice 6 se fera d’abord sur un chemin qui ramène le cheval vers son écurie. Cas du pli à gauche, le couple longe la limite gauche du chemin, le cavalier recule sa jambe droite pour contenir les hanches puis, par petites touches successives, amène la tête du cheval à gauche avec une rêne d’ouverture en maintenant l’impulsion.

L’exercice 8 suppose le pli déjà obtenu. Le déplacement latéral s’obtient alors par des actions successives (prendre-rendre) de rêne contraire d’opposition (en direction de l’épaule extérieure) : pli à gauche, action de la rêne gauche pour charger l’épaule droite.

Troisième temps : travail sans rênes

Objectif : apprendre au cheval à se couler dans le moule de votre gestuelle. Vous êtes dans le rond de longe. Le cheval a sa selle et ses rênes mais celles-ci ne sont là que par sécurité. Elles flottent, fixées par un mousqueton à un anneau de la selle. Vous avez passé un collier autour de son encolure (n’importe quelle corde fait l’affaire) et vous êtes muni d’une cravache (au début dans la botte).

L’encolure est un balancier grâce auquel le cheval agit sur son centre de gravité, ce qui lui permet d’accélérer ou de ralentir.Au début vous vous contentez de suivre son mouvement, puis de l’arrêter avec le collier qui relève la base de l’encolure (ce qui reporte du poids vers l’arrière et le ralentit). Demandez l’arrêt complet, suivi au besoin d’un pas de reculer. Restez un temps immobile.

Nous allons maintenant passer aux incurvations. Reprenez votre cravache qui n’est autre que le prolongement de votre bras (vous la tenez comme une raquette de tennis dans la main extérieure au tourner). Avant de demander quoique ce soit, placez vos aides d’incurvation, à droite par exemple. Votre jambe extérieure recule, votre tronc fait une rotation vers la droite (le regard l’accompagne). Le bras gauche qui tient la cravache et qui est dans le plan du tronc suit le mouvement et se rapproche donc de la tête. Maintenez l’impulsion et demandez à votre cheval de tourner, d’abord avec vos jambes seules, ensuite avec des mouvements lents et circulaires du bras (l’idéal est qu’ils accompagnent le mouvement de l’antérieur gauche). S’il n’obéit pas, rapprochez l’ensemble bras-cravache de sa tête jusqu’à ce qu’elle vienne toucher sa joue. Au besoin tapotez jusqu’à ce qu’il cède. S’il se met au trot (fuite), arrêtez-le avec le collier d’encolure et recommencez. Une fois qu’il a compris et tourne à distance, travaillez de l’autre côté et confirmez. Au bout de quelques séances, votre cheval tournera uniquement avec l’action de vos jambes.

Nota : Si la cravache fait peur à votre cheval, désensibilisez-le au sol en le caressant avec elle sur tout le corps.

Quatrième temps : Flexion de nuque

Oreilles couchées : cheval tendu Oreilles droites : cheval détendu
À gauche: Mise en place de la barrière de main, phase de l’inconfort
À droite: En fléchissant la nuque, le cheval trouve le confort des rênes détendues

La flexion de nuque librement consentie est le signe d’un cheval éduqué. Tout cheval de selle devrait savoir la donner et tout cavalier devrait savoir la lui demander.Il est temps maintenant de terminer nos séances par les indispensables flexions de nuque. Probablement qu’après le travail à une rêne, votre cheval y viendra de lui-même mais nous allons la lui enseigner suivant la méthode simple et rapide de la barrière de main.

Votre cheval est à l’arrêt, complètement calme. Vous créez une légère tension en raccourcissant les rênes et vous immobilisez vos mains en les calant contre la selle afin qu’elles ne puissent ni avancer, ni reculer (c’est capital). La barrière est en place. La tension crée un inconfort qui gène votre cheval. Tôt ou tard, il va vouloir qu’il cesse. Il tentera alors de reculer, ou de relever la tête. La règle est de maintenir cette barrière quoiqu’il arrive jusqu’à ce qu’il trouve la solution : céder sa nuque (ou esquisser une cession). Alors immédiatement, vous abandonnez les rênes et caressez : c’est l’indication pour lui qu’il a bien fait. Puis vous faites trois pas en avant pour qu’il associe bien flexion et action... et vous recommencez jusqu’à ce qu’il imprime que flexion de nuque et confort des rênes détendues sont intimement liés.

Une fois bien enregistrées ces flexions à l’arrêt, redemandez-les pendant que votre cheval marche au pas. Puis au trot et au galop. Au galop, cherchez toujours la vitesse minimale. Une manière soft de maintenir la barrière de main consiste à caler une des mains contre l’encolure (juste devant le garrot), l’autre restant à sa place habituelle.

Remarque : La barrière de main est un procédé éducatif. Une fois cette flexion assimilée par notre cheval, nous revenons bien entendu aux mains accompagnantes mais toujours vivantes et moelleuses qui demandent la flexion, mains basses, par touches successives.

Position de contrôle et de sécurité

Le cheval s’en remet à vous pour gérer ses inquiétudes
Position de contrôle et de sécurité

En déplacement avec un cheval émotif, sur l’œil ou apeuré, adoptez la position de contrôle et de sécurité caractérisée par une flexion de nuque jointe à votre posture rectifiée (tronc un peu incliné en arrière sur un rein légèrement cambré, jambes fixes un peu plus enveloppantes que d’ordinaire, mains basses et bras légèrement écartés du tronc, respiration régulière). Elle vous permet de maintenir une attitude vigilante de demi-descente de mains et de jambes à travers laquelle votre monture se sentira soutenue, encadrée et prise en main par un cavalier paisible et sûr de soi.

Remarque: Cette position n'est autre qu'un ramener classique.

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Texte © Stéphane Bigo – Photos © Véronique ou Stéphane Bigo

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