Nouveauté

Livre: L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

» Tous les livres

Publicité

En cours de débourrage, mon cheval réagit en panique

En cours de débourrage, Pégase réagit en panique dès que quelque chose lui fait peur ou qu’une demande ne lui convient pas. Compte rendu de séance (janvier 2021).

Constat et analyse

Pégase est très craintif, très réactif et sort du cadre habituel des chevaux en débourrage. Il est travaillé par une monitrice qui n’en est pas à son premier essai mais qui est débordée par cet animal qui réagit en panique d’une manière imprévisible à tout ce qui lui fait peur ou ne lui convient pas. Constatant que, par ce moyen, il échappe au contrôle de sa cavalière et impose sa vision des choses, il est en train d’installer une défense dont il faut le débarrasser au plus vite si on veut un jour pouvoir le monter sans danger.

C’est une gazelle, un feu follet. Il n'a aucun problème avec l'impulsion ou l'équilibre, il a en lui toute l'énergie du monde et utilise son encolure avec une aisance singulière. C'est juste dans sa tête que ça se passe. Il lui faut du plomb dans la cervelle, savoir comment se comporter. Bref, il lui faut mûrir, et pour cela apprendre à gérer son mental. Donc beaucoup de rigueur de la part de son éducateur.

Confiance et relation

Le premier point est de gagner sa confiance, ce que son éducatrice a fait dans une certaine mesure. D'où certains acquis sur lesquels on peut se baser pour la suite. Cette confiance implique deux fondamentaux : la relation et les désensibilisations. Dans le cas de Pégase, elles sont intimement liées. C'est par les désensibilisations qu’on gagnera sa confiance et qu’on établira une relation connectée.

Il est important de prendre conscience que, pour accepter d'être géré, ce cheval demande de la part de son enseignant plus que le rôle habituel de "meneur de jeu". Il n'acceptera certaines choses (les bidons sur le dos par exemple ou la présence d'un cavalier sur la selle) que si l’on a plus que de l'ascendant sur lui : une véritable emprise mentale. C'est dans cette mesure qu'il parviendra à surmonter ses peurs.

J'ai déjà eu à régler ce genre de cas. Suite à une demande particulière (les bidons sur le dos par exemple), le cheval est envahi d'une peur panique, mais à force de répéter l'opération dans le calme, avec beaucoup de patience et de tact et une volonté sans faille d’aller au bout de la démarche (avec comme guide : "si le cheval n'a pas mal, il peut tout supporter"), il sait qu'il ne pourra y échapper et finalement acceptera la situation.

C’est une fois acquis cette emprise par le travail à pied en longe que l’enseignant pourra lui mettre sur le dos un cavalier passif qui prendra progressivement les choses en main.

Contrôle

Remarque préalable : Pégase manifeste son anxiété par le relèvement intempestif du bloc tête-encolure. Donc deux vigilances pour parvenir à ce contrôle : 1 - lui demander de baisser la tête ; 2 - décontracter sa mâchoire, soit par un doigt dans la bouche, soit par une action de la rêne sur la commissure des lèvres s’il a un mors (voir la "mise en main", p. 164 de mon livre).

Premier point : Apprendre au cheval à contrôler son propre mental (pour qu’il ne panique plus)

L'exercice des "allures et transitions" (en liberté dans le rond de longe) est souverain pour cela (voir p. 115 de mon livre). Le cheval doit apprendre à passer d'une allure vive à une allure lente dès la demande formulée, sans attendre des heures. Donc se calmer alors même qu'il était dans l'excitation d'un galop ou d'un trot. C'est par les transitions descendantes et le passage aux allures lentes que le cavalier parviendra à ce résultat. Lorsque le cheval passera du galop au pas sans problème, ou mieux encore à l'arrêt, ce sera gagné.

On peut aussi initier le cheval au contrôle de son mental via le travail en longe, en utilisant l'ondulation de la longe éthologique pour les transitions descendantes (p. 145 et 132). Cela lui permet une compréhension plus rapide de la demande de son éducateur. Mais c'est le travail en liberté dans le rond de longe qui reste le véritable critère de ce contrôle.

Deuxième point : Apprentissage - Céder aux pressions aux lieu d’y résister

Pégase doit apprendre que s'il cède, cela le soulagera et la situation sera bien plus agréable pour tout le monde.

Un exercice intéressant consiste d’abord à le désensibiliser avec une longe éthologique autour du corps (p. 228 de mon livre) puis de placer la longe autour du thorax à l’endroit du passage de sangle et de lui demander de venir vers nous lorsqu’on exerce une traction (p.139).

Avec, point important, l'utilisation impérative de la main fixe : j'exerce ma demande (par nature inconfortable puisqu'elle lui demande un effort) en prenant mon temps, par paliers successifs, donc j'ajuste ma pression et je fixe mon geste en attendant que le cheval intègre tout cela sans monter en tension. Lorsqu'il a compris, qu'il se demande comment il va réagir et que finalement il opte pour la cession, il se dégage de cette pression (puisque ma main ne bouge pas) et la situation devient confortable pour lui (en fait, c'est lui qui descend les aides).

Même exercice mais cette fois avec la longe autour des hanches. Pour Pégase, un aide de l’autre côté qui lui indique la bonne réponse (faire un pas du côté de l’éducateur) a été indispensable. Une fois ces points acquis, on est sur la bonne voie.

  • Parcours & bibliographie
  • Liens & relations
  • Plan du site
  • Retrouvez Stéphane Bigo sur facebookRetrouvez Stéphane Bigo sur Facebook

Texte © Stéphane Bigo – Photos © Véronique ou Stéphane Bigo

Tous droits réservés 2006-2021 – mise à jour du 10 février 2021

Règles de confidentialité

Valid XHTML 1.0 StrictValid CSS!Alsacréations