Pourquoi la réforme des Galops est-elle indispensable ?

La pratique équestre a profondément évoluée, et la conscience humaine également. Seul l’enseignement des débutants, spécialité de la cavalerie militaire qui utilisait le cheval comme moyen de transport tout terrain, est resté stationnaire, sur le mode instruction.

État des lieux

Conséquence de cette fidélité à la « tradition », le cheval est encore trop souvent considéré comme objet. Même si la FFE, chargée d’enseigner l’équitation et de former les enseignants par le ministère des sports, a pris conscience du problème, elle n’évolue que trop lentement, au détriment, et de l’animal, et du cavalier.

On est encore dans une conception où le cavalier débutant apprend comment faire, sans explications du pourquoi qui lui donnerait la conscience nécessaire de ce qu’il fait et le sens de la mesure et du geste, bref, la compréhension indispensable au tact équestre et à l’esprit de légèreté. Et même si cette instruction aborde maintenant la pratique équestre à pied, notre apprenti reste tout au long de sa formation de cavalier à l’écart d’un réel travail du cheval, celui qui crée une relation de confiance, basée sur les concepts de « cheval-sujet » et de « couplage des esprits ».

Actuellement la population cavalière est estimée à plus de 600.000 personnes et les clubs bénéficiant du label « École française d’équitation » regroupent environ la moitié de cette population, soit 300.000 personnes qui apprennent et évoluent conformément à l’enseignement dispensé par nos « Guides fédéraux des Galops. »

Toute réforme commence par un changement d’état d’esprit. C’est pourquoi, si l’on veut que l’esprit de notre équitation renoue avec les principes de légèreté de nos maîtres - bien antérieurs au courant militaire apparu au 19e siècle - conformément à « L’équitation de tradition française » inscrite au patrimoine immatériel de l’Humanité par l’UNESCO (depuis 2011, 15 ans déjà!), il est indispensable de refondre au moins les galops de 1 à 4 qui donnent accès au Brevet de cavalier.

Mise en œuvre

Nous avons élaboré trois documents que nous avons transmis récemment à la FFE afin qu’ils soient soumis à l’étude de sa Commission technique et pédagogique :

  • une note de synthèse (1 page),
  • un prologue (2 pages 1/4), et 3
  • une refondation complète du manuel Galop 1 (celui qui pose les bases de l’enseignement général). Ce document de 37 pages montre page par page les modifications proposées.

Bases structurelles de cette mise en œuvre

La légèreté se définit d’après nos maîtres comme le cheval qui se soutient de lui-même. Cela signifie

  • qu’il évolue dans son équilibre –,
  • qu’il n’a pas à composer avec des forces extérieures, comme par exemple une tension permanente des rênes qui perturberait cet équilibre.

Équitation de légèreté et cheval en main (Beudant sur Vallérine)

Équitation de légèreté - Beudant sur Vallerine

Cela ne s’obtient que grâce à « la descente des aides », principe institutionnalisé par La Guérinière au 18ème siècle, qui rend au cheval sa liberté musculaire. Il est suivi par le constat de Baucher un siècle plus tard : « En équitation, le mot équilibre résume toute la science ».

Ces principes n’apparaissent pas dans notre enseignement actuel qui préconise, au contraire, lorsqu’on formule une demande à un cheval, d’agir avec les jambes qui le poussent (pour créer l’impulsion) et les mains qui le retiennent (pour la canaliser), règle caricaturée par la boutade : « Monter à cheval, c’est tirer dessus et taper dedans ». Cette façon de faire (décrite dans le manuel fédéral du Galop 4, p. 44) trouve son origine dans le livre « Dressage et conduite du cheval de guerre » du Général de Benoist paru en 1899.

Ce système mécanise le cheval et l’enferme dans des demandes contradictoire qu’il ne comprend pas. La règle « Main sans jambes, jambes sans main » formulée par Baucher au 19ème siècle s’oppose à cette vision et libère l’animal qui retrouve l’initiative du geste.

Autre principe fondamental de légèreté qui n’apparaît pas dans les manuels : « La position précède l’action », de Baucher également. Il vient dire que si, avec nos aides, nous créons un cadre qui met au préalable le cheval dans l’équilibre du mouvement, elles deviendront beaucoup plus discrètes.

Etc…

Situation actuelle (octobre 2026) et mesures à prendre

J’ai reçu pour l’instant une réponse polie de la FFE qui accuse réception de mon courriel. Mais pour qu’elle prenne cette demande en considération, nous devons lui montrer que nous sommes nombreux à vouloir que notre enseignement prenne en compte ce concept de cheval-sujet. Pour cela je vois deux moyens :

Partager ce message et signer la pétition qui lui correspond (elle réunit déjà près de 1.360 signataires. Lien : https://chng.it/HYBKdpdCFX QR Code Pétition

Et pour ceux qui veulent étudier ma proposition plus en détail, m’écrire via mon adresse mail <stephanebigo26@gmail.com> pour me demander les documents qui vous intéressent parmi les trois que j’ai envoyés à la FFE.

C’est le moment, c’est l’instant !

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