Leçon N° 1 : « La position précède l’action » (Baucher – XIXe siècle)
Dans un premier temps, le cavalier (la femme ou l’homme qui demande quelque chose à son cheval, qu’il soit en selle ou à pied) met d’abord son cheval dans l’équilibre du mouvement en posant le cadre des aides correspondant. Ce, avant d’agir.
Conséquence, l’action future sera d’autant mieux comprise par le cheval qu’il est déjà dans l’équilibre de ce mouvement, et l’action des aides sera d’autant plus légère.
Leçon N° 2 : « Descente des aides » (institutionnalisée par La Guérinière au XVIIIe siècle).
Elle consiste à cesser l’inconfort de notre demande, une fois que le cheval a donné la bonne réponse. Tout en conservant le cadre du mouvement pour lui indiquer qu’il n’est pas terminé et le guider dans son action. Quelles sont les effets vertueux de ce principe ?
- cette récompense immédiate permet au cheval de comprendre qu’il a donné la bonne réponse et l’incite à la répéter.
- les forces extérieures exercées par le cavalier cessant d’agir, le cheval « se soutient de lui-même » (le critère de légèreté), retrouve le confort et la gestion de son équilibre, et prend l’initiative du geste. Devenant maître du mouvement (sous surveillance de son cavalier), il s’établit un climat de confiance et de partenariat extrêmement bénéfique à la relation.
Leçon N° 3 : « La main doit être fixe, mais non dure ; elle doit céder, mais non abandonner » (Baucher).
Cette leçon demande quelques explications :
1) « La main ne doit pas être dure ». Comment faire ? Observons pour apprendre. Prenons l’exemple d’un dominant qui veut manger dans la gamelle d’un autre. Il procède par intimidations croissantes qui vont jusqu’au conflit si le dominé ne cède pas. Quelles sont les leçons à tirer de ce comportement ?
- Le dominant procède par paliers successifs. Conventionnellement exprimés par : poil, peau, chair, os. Nous suivrons la même procédure avec notre cheval… à part qu’un cavalier en légèreté s’interdira d’aller jusqu’à l’os. Avantage, ainsi nous sommes sûrs de ne pas dépasser la juste mesure.
- Il ne fait pas semblant, nous également. Si dans le travail à pied nous devons toucher notre cheval pour lui montrer que la barrière de notre stick n’est pas qu’une agitation (généralement une touche légère suffit), nous n’hésitons pas. C’est ainsi que le cheval prend conscience de la réalité de notre message ; sinon il se blase et devient indifférent à notre demande.
- quand le dominé donne la bonne réponse lors d’un palier de pression (il cède et s’écarte), tout rentre dans l’ordre. C’est l’équivalent équin de la descente des aides.
2) « La main doit être fixe » : l’aide qui demande et qui a dosé sa pression ou sa tension à la juste mesure avec des paliers successifs, se fixe dans son action par rapport au cheval. Elle crée ainsi le cadre du mouvement et amène le cheval à chercher la solution qui lui permettra de retrouver le confort de la descente les aides. C’est ainsi qu’il devient « partenaire ».
3) « La main doit céder et non abandonner » : Baucher reprend ici le principe de la descente des aides : elles descendent mais restent sous surveillance, prêtes à intervenir pour remettre le cheval dans le cadre si besoin. Dans ce cas, plus cette action est rapide, plus elle est efficace (il s’agit d’un rappel à l’ordre, non plus d’une demande).
Leçon N° 4 : « Jambes sans main, main sans jambes » (Baucher).
On évite ainsi au cheval de « tirer dessus et taper dedans » selon la formule résumant la conduite du cheval par les bidasses de l’armée à l’époque du cheval machine-de-guerre ! Cette maxime parle d’elle-même :
- dans les transitions montantes, les aides adéquates (principalement les jambes et l’assiette) jouent sans le frein d’une main qui retient,
- et inversement, dans les transitions descendantes, les aides de ralentissement (principalement les mains et l’assiette) remplissent pleinement leur rôle.
La logique est respectée, le cheval n’est plus enfermé dans des demandes contradictoires qui le soumettent, comme le préconise le courant dauriste, toujours en vigueur dans notre enseignement (voir le guide officiel du Galop 4, p. 44, « Le contact »).
Conclusion
Laissons un fervent disciple de Baucher conclure : « Ce sur quoi tout repose : mettre en confiance. Clefs : calme, respect mutuel, se faire comprendre et laisser faire. » (Beudant, XXe siècle - l’écuyer mirobolant).
Entre respect mutuel et se faire comprendre, j’ajouterai : « équilibre ».
Tout est dit.