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Livre: L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Apprivoiser son cheval, un peu d'éthologie

Désensibiliser le cheval pour accepter le tapis de selle

L’équitation éthologique n’est pas une discipline à part qui s’ajoute aux autres mais une approche, une culture qu’il n’est plus possible d’ignorer et qui devrait imprégner toutes les formes d’équitation.Comment faire pour que le cheval coopère avec nous alors qu'il ne communique pas par la parole ? Les éthologues nous apportent la réponse : soit par la désensibilisation, soit par le conditionnement opérant (sensibilisation à des réponses conditionnées).

La désensibilisation (accepter une selle sur le dos par exemple) se fait, soit par habituation, soit par approximation successive. Cette phase est fondamentale lors du débourrage.

Le conditionnement opérant consiste à obtenir des réponses conditionnées à certains stimuli (céder à une pression de la jambe par exemple). Il s'obtient en utilisant généralement le renforcement négatif qui fait appel à l'initiative du cheval (le cheval trouve la solution en faisant cesser une situation inconfortable) auquel on ajoute avec profit un renforcement positif : caresses, récompenses.

On obtient ainsi la cession aux pressions sur les principales parties du corps (tête, hanches, épaules) base de la future coopération de l'animal.

La désensibilisation du poulain produit un cheval calme et sûr ; sa sensibilisation à certains stimuli produit un cheval respectueux et coopératif. (Robert Miller, La nature du cheval)

Différences entre « chef », « dominant » et « leader »

Le chef est celui qui dirige l’activité de l’autre. C’est une notion spécifiquement humaine qui n’existe pas dans le monde animal.

Le dominant est celui qui impose à l’autre le mouvement ou l’immobilité. Le dominé est celui qui se soumet. C’est une notion typiquement animale (mais aussi humaine).

Le leader est un animal qui n’a aucune prétention hiérarchique dans le groupe mais que les autres suivent parce qu’il est reconnu comme le plus sage et le plus expérimenté. Ce leadership s’exprime souvent d’une manière caractéristique, le cheval « leadé » met sa tête dans la croupe du leader et le suit.

Avec son cheval, l’homme agit en chef puisqu’il dirige son activité en permanence. Il agit également comme dominant puisqu’il lui demande de céder à la pression de ses aides.

L’attitude de meneur de jeu qui entraîne l’adhésion lui permet de passer du rôle de chef à celui de leader. Grâce à son éducation, le cheval perçoit l’action de nos aides, non plus comme un système « action-réaction » auquel il doit se plier mais comme un langage auquel il répond.

Les champs de vie d'un animal

Par ordre d'énergie croissante mise en jeu :

Le cheval ne peut apprendre, coopérer ou adhérer que dans le champ détendu.

Il cherche une réponse aux stimuli en explorant chacun de ses champs d'actions par ordre d'énergie croissante. S'il ne trouve aucune réponse, il refoule cette contradiction dans l'inconscient et devient rétif ou caractériel.

Bulles, zones d'influence et attitudes

Le cheval recule à distance

Personnellement, en tant que cavalier au long cours d’une part et enseignant diplômé d’état d’autre part, je mets cette approche au service de l’équitation de loisir (qui utilise finalement toutes les ressources de la basse école) comme à celle de notre équitation classique.Tout animal (et donc le cheval) organise autour de lui un espace personnel qui correspond à sa zone de protection et qu'on appelle communément sa bulle. De même, il imagine l'espace de sécurité qui entoure les autres animaux et les perçoit donc virtuellement entourés de leur propre bulle. Ces bulles constituent des zones d'influence respectives dont la taille et la forme varient en fonction de la gestuelle et des attitudes de chacun. L'interaction de l'homme et du cheval se fait par leur intermédiaire.

Dans le travail à pied, le cavalier, en utilisant sa bulle de manière judicieuse et cohérente, va exercer des pressions ou des aspirations qui vont faire réagir le cheval d'autant mieux qu'il aura reconnu dans celui-ci un membre alpha de son groupe.

Dans le travail monté, les bulles s'interpénètrent. Le centrage du cavalier près du cheval est donc prépondérant pour l'équilibrage du couple. Il s'effectue au niveau du hara (centre énergétique situé sous le nombril) et s'obtient par une position juste (celle de l'arbre), une respiration régulière et ventrale ainsi que par une attitude mentale apaisée, patiente et ferme, c'est à dire paternelle.

Dans la mesure où le cheval a reconnu en son cavalier un membre alpha, il adaptera la forme de sa bulle à celle de son cavalier et aura donc tendance à imiter sa gestuelle (isopraxie). Cette danse est de nature à créer des complicités sur le plan affectif (isoesthésie).

Tout ceci ne porte des fruits que si cheval et cavalier évoluent tous deux en champ détendu.

Cheval et vibrations

Mon expérience est que le cheval est un animal sensitif qui perçoit l'homme essentiellement sur un plan vibratoire - énergie qui émane de sa personne, de ses expressions, de son état émotionnel, de ses odeurs, du timbre de sa voix, de ses attitudes, bref de sa bulle. Non seulement il les perçoit mais il s'en imbibe, c'est un extraordinaire récepteur qui absorbe toutes les vibrations de son cavalier et les restitue à travers son comportement.

Dans notre relation avec lui, la vraie question est : - Quelles sont les vibrations qui émanent de ma personne ? qui devrait être immédiatement suivie par celle-ci : - Suis-je en paix avec moi-même ?.

La nécessité de travailler en champ détendu est aussi grande pour le cheval que pour son cavalier. Elle est la clef de la compréhension mutuelle dans le couple et du courant qui passe entre les deux partenaires.

Demande d'un mouvement et respiration

Le rôle de la respiration est essentiel pour éliminer les contractions et insuffler l'énergie et le rythme qui vont initialiser son exécution. Quelle que soit la demande formulée, nous devrions prendre l'habitude de respirer ainsi : 1) Juste avant le mouvement : une ou deux profondes expirations (pour calmer le jeu, nous enraciner dans notre centre... et chasser l'oxyde de carbone de nos poumons) ; 2) Demande du mouvement : a) Inspiration pendant laquelle nous posons le cadre de l'action (mobilisation mentale et positionnement des aides), b) Expiration pendant laquelle nous déclenchons le mouvement.

Remarque : On réalise de cette manière des départs au galop somptueux.

Approche et Temps

Un prédateur se dirige en droite ligne vers l'endroit où il veut aller. La proie utilise l'approche latérale (il biaise avec prudence).

Le prédateur se projette dans l'avenir. C'est un stratège qui sait d'avance. Les proies sont toujours sur le qui-vive, complètement dans l'instant. Le prédateur anticipe, la proie devine. Tous deux sont curieux et attentifs à tout ce qui bouge mais pas du tout de la même façon.

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Texte © Stéphane Bigo – Photos © Véronique ou Stéphane Bigo

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